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𝗧𝘂 𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲, 𝘁𝘂 𝗲𝗻 𝗮𝘂𝗿𝗮𝘀 𝗱'𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀

C’est sans doute la phrase la plus violente que j’ai entendue après avoir perdu mon bébé. Comme si un enfant était interchangeable. Comme si l’on pouvait remplacer un avenir par un autre.

Ce que le monde voit du deuil périnatal, c’est la tristesse. Ce qu’il ne voit pas, et ce dont on parle trop peu, c’est la 𝗵𝗼𝗻𝘁𝗲 et la 𝗰𝘂𝗹𝗽𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́.

Pourquoi la honte ? Parce qu’on se sent défaillante. Parce que notre corps n’a pas « su » protéger la vie. Pourquoi la culpabilité ? Parce qu’une telle perte est si absurde que, quelque part, c’est rassurant de trouver un coupable.


Le deuil périnatal est unique car il nous laisse avec une 𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝘂𝘀𝗽𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲 :

– On est parent, mais avec les mains vides.

– On fait le deuil de sourires, de jeux dans le jardin, de rentrées scolaires qui n’auront jamais lieu.

– On porte un amour immense dont on ne sait que faire


𝗣𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, 𝗰𝗲𝘁 𝗮𝗺𝗼𝘂𝗿 𝗲𝘀𝘁 𝗿𝗲́𝗲𝗹. 𝗘𝘁 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗲́𝗴𝗶𝘁𝗶𝗺𝗲.

En tant qu’accompagnante, mais surtout pour être passé par ce chemin, je sais que reconnaître ces émotions « invisibles » est le premier pas pour ne plus se noyer. On ne

remplace pas. On apprend à porter, autrement. Si vous portez ce poids en silence, ou si vous avez l’impression que personne ne comprend ce que vous traversez. Échangeons en toute sécurité, sans jugement, et surtout, sans phrases toutes faites.


Nadine Rochereau, accompagnante en deuil périnatal

https://www.nadine-rochereau.fr/


Publié en avril 2026