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Le deuil s'apaise. Et la vie, dans tout ça ?

À la Toussaint, les souvenirs des personnes qui nous manquent peuvent être particulièrement présents. On pense à elles, on se remémore des moments partagés, on parle d’elles…

Et parfois, on réalise aussi le chemin parcouru depuis leur disparition.

Si on faisait un petit bilan ?

              Les émotions sont plus apaisées : check.

             Je peux évoquer la personne disparue avec le sourire : check.

             J’arrive à profiter de bons moments : check.

             Je me sens à nouveau pleinement dans ma vie : erreur système !


Parce que oui, on peut avoir avancé sur certains aspects de son deuil et pourtant avoir le sentiment de s’être un peu perdue en chemin. On continue à travailler, à s’occuper de sa famille, à gérer les rendez-vous, les courses, les obligations. Bref, la machine tourne.

Mais lorsqu’il s’agit de parler de soi, de ses envies, de ses projets, de ce qui pourrait nous faire plaisir… c’est une autre histoire. Et si, à force de parler de ce qui s’est passé, on oubliait parfois de se demander ce que l’on veut pour la suite ?


Comprendre son histoire ne suffit pas toujours à savoir où aller.

Après un deuil, il peut y avoir beaucoup de choses à raconter. La perte, les circonstances, les souvenirs, les émotions qui se succèdent, les questions qui restent sans réponse…

On a parfois besoin de revenir sur certains moments, de les raconter encore, de mettre des mots sur ce qui fait mal. Et c’est normal. Ce récit a toute sa place. Il permet de déposer ce qui pèse, de se sentir entendue, de mieux comprendre ce que l’on traverse.


Mais on peut aussi avoir fait beaucoup de chemin dans la compréhension de son deuil et avoir encore besoin d’être accompagnée pour retrouver le chemin de sa propre vie.


Car lorsqu’il s’agit de savoir ce qui nous fait plaisir aujourd’hui, ce qui nous anime, ce que l’on a envie de retrouver, de découvrir ou de construire, les réponses ne viennent pas toujours spontanément.


Quelle place est-ce qu’on se donne dans tout ça ?

Regarder derrière soi n’empêche pas de regarder devant. Il ne s’agit surtout pas de décider qu’on a suffisamment parlé de la personne disparue ou qu’il est temps de ne plus revenir sur le passé.

Il n’y a pas de quota de souvenirs, de récits ou de larmes à respecter !

Si le besoin de raconter se fait sentir, il doit pouvoir trouver sa place. Certains souvenirs reviennent, certaines émotions ressurgissent, certaines questions demandent encore à être accueillies.

Mais on peut aussi commencer à regarder ce qui se passe aujourd’hui. Vers ce qui nous manque, au-delà de l’absence. Vers les envies que l’on a mises de côté, les projets que l’on n’ose plus envisager, les choses que l’on aimerait retrouver.

Et parfois, il y a des freins à comprendre : une culpabilité qui persiste, une forme de loyauté, la peur de changer, des habitudes prises pour tenir debout.

Ils ne sont pas toujours visibles. Ils peuvent être inconscients. Et ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde.


L’idée n’est pas de chercher absolument ce qui ne va pas, mais de mieux comprendre ce qui nous retient et ce qui pourrait nous aider à avancer. Remettre de la vie autour de l’absence.

C’est aussi cela, vivre avec un deuil.

Ne pas effacer la personne disparue. Ne pas minimiser sa place. Ne pas faire comme si rien ne s’était passé. Mais se donner le droit de rire, de sortir, de rencontrer de nouvelles personnes, de faire des projets, de retrouver du plaisir dans des choses toutes simples. Et parfois même, de se surprendre à avoir envie de quelque chose que l’on n’aurait pas imaginé quelques mois plus tôt.

Cela ne signifie pas que l’on oublie. Cela ne signifie pas que l’on aime moins. L’amour ne se mesure pas à la quantité de renoncements que l’on s’impose.

Petit à petit, on peut apprendre à vivre avec l’absence sans qu’elle prenne toute la place. À accepter que certaines choses ne seront plus comme avant, tout en s’ouvrant doucement à de nouvelles envies, à des rencontres, à des moments qui font du bien. Il ne s’agit pas de reconstruire exactement la vie d’avant. Il s’agit de construire la suite, avec son histoire, ses souvenirs, ses envies et ses possibles.


Et si on se remettait aussi au centre de sa propre vie ?

C’est précisément ce que je propose dans mon accompagnement « Vivre avec ». Un espace où l’on peut raconter son histoire lorsque c’est nécessaire, mais aussi prendre le temps de regarder sa vie actuelle, d’identifier ce qui nous retient, de renouer avec ses ressources et ses valeurs, et de retrouver des envies et des projets.

Nous ne cherchons pas à oublier, ni à mettre de côté ce qui a été vécu. Nous accueillons ce qui a besoin de l’être, tout en travaillant sur ce qui peut prendre sa place aujourd’hui et sur ce que vous souhaitez construire pour demain.

Parce que votre histoire ne se résume pas à cette perte. Et parce que votre vie mérite, elle aussi, toute votre attention. Vous n’avez pas à oublier pour recommencer à vivre.

Si vous voulez de plus amples renseignements, je vous invite à aller sur mon site : nadine-rochereau.fr.


Nadine ROCHEREAU, accompagnante en deuil périnatal

 

Mise à jour : Novembre 2026