Les premières
années de la vie sont une période intense sur le plan émotionnel.
Les émotions
existent avant les mots
Dès la naissance,
le bébé ressent des émotions. Il ne pleure pas « pour manipuler », mais pour
communiquer un besoin ou un inconfort : faim, fatigue, douleur, peur ou besoin
de réassurance. Avant 3 ans, le cerveau émotionnel est très actif, tandis que
la partie du cerveau qui permet de se contrôler et de raisonner est encore
immature.
👉
Résultat : l’enfant ressent très fort, mais ne peut pas encore se calmer seul.
Pourquoi les
émotions sont-elles si intenses ?
Chez le jeune
enfant, tout est nouveau. Une petite frustration peut lui sembler immense.
Attendre, partager un jouet ou ne pas réussir un geste sont des situations qui
peuvent provoquer des tempêtes émotionnelles. Ces réactions sont normales et
nécessaires : elles permettent à l’enfant d’apprendre progressivement à
reconnaître ce qu’il ressent et à construire sa sécurité intérieure.
Le rôle
essentiel de l’adulte
L’adulte joue le
rôle de « régulateur émotionnel ». En restant calme, en nommant l’émotion et en
apportant du réconfort, le parent aide l’enfant à se sentir compris et en
sécurité.
Quelques attitudes
clés :
- Accueillir l’émotion sans la minimiser (« Je vois que tu es
en colère »).
- Mettre des mots simples sur ce que vit l’enfant.
- Rassurer par la présence : un regard, une voix douce, parfois
un câlin.
- Poser un cadre sécurisant : l’émotion est acceptée, mais
certains comportements peuvent être limités.
-
Pleurer, c’est
communiquer
Les pleurs sont un
langage. Empêcher un enfant de pleurer ou lui demander de se calmer trop vite
peut l’empêcher d’exprimer ce qu’il ressent. À l’inverse, l’écouter et
l’accompagner lui apprend que ses émotions sont légitimes et qu’il n’est pas
seul pour les traverser.
En conclusion
Comprendre les
émotions d’un enfant de moins de 3 ans, c’est avant tout changer de regard.
Derrière chaque crise se cache un message, un besoin ou une émotion trop grande
pour être contenue seul. En accompagnant l’enfant avec bienveillance, patience
et constance, on lui offre des bases solides pour grandir émotionnellement et
construire une relation de confiance durable.
💛 Les émotions ne sont pas un problème à corriger, mais un chemin à
accompagner.
Christine Gonul, éducatrice
de jeune enfants
Publié en janvier 2026