Au cours de mon expérience
professionnelle j’ai accompagné les parents et les enfants dans ce délicat
processus d’adaptation.
Ces étapes plus ou moins longues les
amène progressivement à trouver leur place dans la structure. La période
d’adaptation est essentielle pour permettre à l’enfant et à son parent
d’apprendre à se séparer progressivement. Ce moment demande une attention
particulière, la personne accueillante sera un repère et une aide, de manière à
ce qu’il y ait une continuité par rapport au cadre familial.
Cependant l’adaptation est incessante,
l’enfant est accueilli et se sépare de ses parents tous les jours. Au
quotidien, il va vivre des petites adaptations lors de changements de lieu, ou
au moment de la sieste.
Tout au long de ce temps de
familiarisation se jouent différentes phases essentielles. Si l’enfant a
construit un attachement suffisamment « sécure » avec sa figure
d’attachement, en général la mère, il sera imprégné d’un sentiment de quiétude qui
va l’accompagner pendant cette nouvelle expérience.
Lorsque l’enfant n’a pas pu structurer
cet attachement il se sentira en insécurité et la structure d’accueil pourra
être vécue comme une agression. Dans ce cas la professionnelle accueillante
l’accompagnera à trouver des repères pour le mettre en confiance. Pour cela
elle devra s’adapter aux comportements de l’enfant.
Pour comprendre ce que vit l’enfant
durant ces temps de séparation, Freud observe un jeu chez son petit-fils qui
passait son temps à jeter une bobine liée à un fil, puis l’enfant tirait sur la
ficelle pour la faire réapparaitre. Deux phénomènes accompagnent ces mouvements,
« o-o » lorsque la bobine disparaissait et « da »
lorsqu’elle réapparaissait. Selon les informations que la mère lui donne Freud
traduira ces cris par « fort/parti » et « da/là ».
Dans cet exemple, la séparation n’est
plus subie, l’enfant devient ainsi acteur de ce qu’il vit, il est à l’origine
de la disparition/réapparition.
Dans la continuité de ces étapes de
familiarisation les pairs jouent un rôle essentiel, ils permettent à l’enfant
de développer son sentiment d’existence, mais aussi de reconnaissance en tant
qu’individu unique. Le rôle de l’autre
est important dans la prise de conscience de soi, les premières relations
sociales avec les pairs se vivent par le biais de jeux ou de conflits. On peut
appeler « jeu » toute activité dont le seul objectif est le plaisir.
L’homme étant avant tout un être social, le jeu contribue aux interactions
entre les enfants.
Henri Wallon
a étudié le jeu et cite : « l’activité propre à l’enfant est le
jeu, il doit avoir quelque chose d’inutile et de gratuit ».
Il s’agit donc
d’assurer à chaque enfant une sécurité affective, une stabilité et une
régularité dans ses relations. Le bébé n’est pas un être uniquement de besoin,
il est aussi un être de communication, quel que soit son âge. Celle-ci passe
par la parole mais aussi par une présence, une attitude, un regard, une
gestuelle de l’enfant vers l’adulte et de l’adulte vers l’enfant.
Christine GONUL, éducatrice de jeunes enfants
Publié
en juin 2025